On commence toujours le chemin par les bois. Et de nuit, bien entendu à part le fuseau de ma lanterne je ne vois rien.J'ai raté le chêne centenaire à la sortie de Sarria. Dommage il parait qu'il est spectaculaire. Et qi'il faut serrait bien fort son tronc pour que ça nous porte bonheur.
Le jour pointe et la brume est dense. On peut se perdre facilement.
On distingue le paysage mais pas moyen de prendre des photos.
Le bois est superbe, magique.
La légende raconte que les sorcières, les lutins et les elfes se déplacent en nous rasant.
J'essaye de regarder pour voir, mais je n'aperçois rien.
Les bois sont épais. Il y a trop de brume, trop de branches, trop de feuilles
La légende raconte aussi que si on arrive à prendre une photo nette, il se peut qu'on y voit un lutin.
J'en ai pris, mais je n'ai rien vu.
Je ne sens plus mon dos, j'ai très mal aux jambes, j'ai les bras brulés mais le coeur plein d'esperance.
Après un long chemin, à travers les branches, je commence à distinguer le ciel clair.
Peu à peu la brume se dissipe et on débouche sur un barrage.
Quelle vue, quelle splendeur.

c'est portomarin.
Chose surprenante, le village est haut perché tout nouveau, il a été reconstruit. Quand le niveau de l'eau baisse, on arrive à voir la pointe des toits.
L'ancien village est noyé, englouti dans les entrailles du lac.
La plus part des pélerins décident de s'arrêter. Je préfère continuer.
Je m'arrête pour savourer le spectacle depuis un long escalier.
C'est facile de communiquer avec les pélerins, il y a comme une attraction entre nous, sans barrières, sans peur et en toute franchise.
Assise près d'un chien, je le caresse en lui parlant doucement. Il a l'eternelle coquille autour du cou.
Je ne sais pas si c'est ma voix ou ce que je lui raconte, mais sa réaction m'a ravie.

un vrai geste d'affection.
Son maître, un basque en sa compagnie, faisait le chemin inverse. Il a commencé sa route, il y a trois mois, depuis le Mont Saint Michel, il était passé par Saint Jacques de Compostelle et voulait terminer à Rome.
Je poursuis mon chemin.
Maintenant il fait chaud et le soleil tape fort.
Je traverse des villages.
Si l'Eglise ou la chapelle est ouvert je m'arrête pour prier et allumer un cierge.

Parfois les chapelles sont abandonnées, délaissées et elles tombent en ruine.
On rencontre des pélerins de toutes les nationalités, des français, des allemands, des croates, des italiens, des bulgares, des portuguais et bien sur des espagnols. Tout le monde salut et encourage. Mais pas tous ont la même motivation.
Je décide de m'arrêter aujourdh'hui dans un trou perdu. Juste l'auberge des pélerins et un petit bar.
L'auberge est petite, elle n'accueille que 28 personnes. Il ne faut pas beaucoup de temps pour que l'affiche COMPLET soit accrochée.
Un curieux personnage attire mon attention. Il reste seul, en arrière, mange seul, lit son livre et ne parle avec personne. Sa litière est juste á côté de la mienne.
Je lui ai juste dit bonjour et de se déplacer pour ne pas être dérangé.