C'est une belle étape. Ce matin la brume était encore plus épaisse et sortir tôt à 5h30 n'aidait pas beaucoup.
Nous étions 5 filles et nous allons continuer ensemble, du moins avec une jusqu'à la fin de mon voyage.
C'est agréable de marcher dans la brume, on ne peut pas marcher vite, alors on est plus uni.
On se rapproche, on intime, on raconte sa vie, ses petits différents, ses petits secrets.
Les espagnols ont la manie de parler haut et toutes ensemble.
Pour le moment, je les écoute.
Entre la brume et une petite pluie on est toutes trempées, du moins la tête, les gouttes coulent, nichent dans mon cou puis coule dans mon dos. De temps en temps j'ai des frisoons et j'ai froid.
Le jour se lève, mais la brume ne se dissipe pas.
Ce matin j'ai mal à une jambe, je crois que je me suis fais mal. Mais c'est supportable.
Les trois copines nous dévancent. Et je reste un peu en arrière avec la quatrième.
Ce matin, Je remarque que les pélerins marchent un peu plus vite, tous veulent arriver au même endroit.
Je me demande si c'est une bonne idée d'arriver là bas et surtout si on trouvera de la place pour dormir.
L'auberge est grande mais on est nombreux.
On s'arrête pour le petit déjeuner. Je revais de mes toasts grillés au beurre et d'un bon thé chaud.
On se retrouve toutes les cinq dans une joli cabane pour le petit déjeuner.
Aujourdh'ui tout me pèse, le sac à dos, les bottes, et mes jambes.
Il faut continuer la marche, sinon on n'arrivera pas.
Le paysage est agréable et on commence à distinguer des choses.
Un petit village, les villageois nous donnent la bienvenue et nous encouragent

Les vaches aussi.
Le jour s'éclaircit et tout devient un peu plus net.
Une petite rivière presque un filet, et un pont.
une femme était assise les pieds trempés dans l'eau.
On s'arrête Araceli (la femme aux cheveux rouges) et moi un moment pour bavarder puis nous passons sur le pont et on continue.

Après le pont le chemin continue, comme si le pont ne voulait pas terminer.
J'aime ce paysage. La tranquilité qu'il émane, la solitude bien qu'elle soit interrompue par le bourdonnement de mes compagnons.

Mes flèches sont toujours présentes à la sortie des villages, des bois, bien que parfois sous d'autres formes.

On arrive presque, je rêve d'une douche, d'un lit et d'un bont dîner.
Comme je m'y attendais et apprehendais, il y a une queue énorme pour s'inscrire à l'auberge.
Je reconnais pleins de compagnons et surprise! mon curieux personnage qui me fait un signe avec la main et un beau sourire.
La queue s'éternise, Je panique quand quelqu'un dit, il reste 15 places! je compte, c'est bon! mais finalement on a de la place.
Pas question de se reposer, après la douche on se dépêche , il faut trouver une table.
Dans ce village on déguste le meilleur "pulpo".
A l'entrée du restaurant on le voit cuire dans une grosse marmite.
Les dégusteurs viennent de très loin pour le savourer.

C'est suculent! Le meilleur que j'ai jamais mangé.

Après ce festin, j'ai droit à mon repos.