Dans le langage du Désert,
On dit que quand le Simoun souffle, quand il caresse les dunes, il chuchote un secret...
Immobile et silencieuse, sous la timide lune argentée, une dune attendait le vent.
Elle sentait son souffle s'approcher petit à petit, et le frisson qui l'enveloppait, soulevait le sable.
Le nuage de poussière l'aveuglait et couvrait le ciel étoilé.
Le vent, ce soir, était amoureux.... et la lune allait en être témoin...
Il s'approchait lentement de la dune, soufflait, chatouillait quelques grains de sable,
puis se soulevait à nouveau pour exécuter sa danse nuptiale...
Une chorégraphie parfaite, gracieuse, éolienne. Une cadence zéphyrienne...
De son manteau d'air, il effleurait la dune, aspirait le sable en un tourbillon vertigineux pour le lâcher en pluie de cristaux….
Étourdit la dune goûtait au plaisir de l'ivresse, ses cheveux de sable flottaient autour d'elle.
Le vent la balançait dans ses bras. Il valsait., il s'adonnait au son mélodieux du tintamarre de la poudre sablonneuse.
Au rythme du mouvement, la dune prenait des formes arabesque. Tantôt uniforme, tantôt désordonné.
Bercée d'espérance, elle n'arrivait pas à apaiser la fièvre qui la terrassait et suivre le mouvement du vent.
Dans son tourbillon, dans cette naissance d'espoir, le vent tombe, et, dans sa chute effleure la dune et dépose un baiser éternel...